Décentralisation au Togo : Rôle et responsabilités de la chefferie traditionnelle, des collectivités territoriales et de la société civile au cœur d’un symposium à Kpalimé.

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@Togo24 – (Kpalimé, le 9 mai 2019) – La 4ème République togolaise est née, avec l’adoption par référendum, d’une nouvelle constitution le 14 octobre 1992. Par cette constitution, le peuple a opté pour un régime démocratique décentralisé pour permettre d’asseoir et enraciner la démocratie dans la vie du citoyen partout où il vit sur l’ensemble du territoire national. Cette constitution énonce le principe de la décentralisation en son article 141 (ancien) en ces termes : « La République togolaise est organisée en collectivités territoriales sur la base du principe de la décentralisation, dans le respect de l’unité nationale. Ces collectivités territoriales sont : les communes, les préfectures et les régions ».  Ces collectivités territoriales sont également subdivisées en cantons, villages, et quartiers. Les communes sont dirigées par les maires, les préfectures par les préfets, les cantons par les chefs cantons, les quartiers par les chefs de quartiers et les villages par les chefs de villages.

Le statut de la chefferie traditionnelle reconnu par la loi 2007-002 fait des chefs traditionnels les gardiens des us et coutumes et la chefferie est une institution administrative territoriale.

Cette loi fait de la chefferie l’arbitre et la conciliatrice en matière coutumière ; la veille de l’harmonie et de la cohésion sociale. L’article 22 dudit statut stipule que le chef traditionnel est consulté par les autorités administratives sur les questions de développement local entre autres celles relatives à l’environnement, à la santé, au foncier, à la sécurité et à l’éducation.

Dans l’exercice de leur mandat, leurs interventions abordent aussi certaines questions ou compétences reconnues aux autorités locales et leurs services.

Ces dernières sollicitent également la chefferie dans une multitude de domaines. Celle sollicitude des autorités locales à l’endroit de la chefferie tient d’une part du fait qu’elle-même s’implique ou est sollicitée par la population à cet effet.

D’autre part les autorités locales ont besoin de la chefferie sur des questions qui ne sont pas de leur compétence mais qui nécessitent leur implication en termes de mobilisation communautaire pour le succès des actions et politiques engagées. Il en ainsi des questions sur l’état civil, les recettes et ressources locales pour alimenter les budgets des collectivités, la participation et le contrôle citoyens des politiques et actions locales et le processus de décentralisation.

Cependant, force est de constater que l’implication des chefs et leur engagement ainsi que les pratiques sur les différentes dynamiques sur lesquelles ils sont associés ne sont pas harmonisés et quelques fois ne permettent pas l’atteinte des objectifs fixés. Aussi, sur certaines questions, leur avis et opinions divergent d’une part de celle des comités de développement des quartiers et d’autre de celles des autorités locales. Ceci ne permet pas une fédération des énergies, des forces et ressources pour une synergie d’action en vue d’impact positif durable.

Pour favoriser le dialogue, la collaboration et l’accompagnement mutuel entre l’administration communale et la chefferie, que le cadre de concertation de la chefferie traditionnelle et de la tutelle, la société civile, la commune de Kpalimé, ainsi que la préfecture de Kloto, ont entamé le 8 mai 2019 à Kpalimé (environ 120 km au nord de Lomé), un symposium de trois jours pour réfléchir sur le thème : « Quelle contribution à l’amélioration de l’état civil, de la participation et du contrôle citoyen, de la mobilisation des ressources communales, des élections locales et du processus de décentralisation ».

Ce symposium se situe dans le cadre des actions du Programme Décentralisation et Gouvernance Locale (ProDeGOL), cofinancée par l’Union Européenne (UE) et le Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du Développement (BMZ), et mis en œuvre par la Coopération technique allemande (GIZ).

Il contribuera à l’atteinte de l’objectif « L’approvisionnement de base en infrastructure économique et en services publics ainsi que la participation politique au niveau communal sont améliorés » dudit programme.

La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le préfet de Kloto Bertin Koku ASSAN, en présence de la présidente de la délégation spéciale de la commune de Kpalimé Mme Aku Enyonam AGBEDZI.

Sosso TAKOUGNADI (Conseiller National Technique du ProDeGOL de la GIZ), Togbui HON VI (Chef canton de Kpalimé), ainsi que les préfets des préfectures sœurs Kpélé, Danyi, Agou et les représentants des préfets de l’Ogou et d’Amlamé étaient aussi présents.

Objectif : Permettre à la chefferie traditionnelle, les CDQ et les autorités locales d’être engagés dans une franche collaboration et un appui mutuel pour un développement harmonieux de la commune de Kpalimé.

De façon spécifique, ce conclave vise à permettre à la chefferie de cerner son rôles et ses responsabilités selon son statut édicté par la loi n°2007-002, ainsi que les différentes dynamiques locales accompagnées par le ProDeGoL (état civil ; participation citoyenne ; contrôle citoyen ; civisme fiscal ; planification locale).

Il permettra également d’harmoniser sa compréhension des dynamiques locales, de définir et d’harmoniser ses stratégies d’accompagnement des différentes dynamiques communales et de connaître son rôle dans le processus de décentralisation et l’accompagner efficacement.

« Pour que la décentralisation soit une réalité, pour que les populations à la base puissent vraiment s’approprier la décentralisation dans sa pratique la plus simple pour le développement nationale, il faudrait que nous ayons tous, la même compréhension des termes, des rôles » a souligné Bertin Koku ASSAN.

 « Nous allons les définir ensemble pour que chacun sache son rôle et  responsabilité pour qu’il n’y ait plus de conflits de compétences. Ensemble, nous allons pouvoir harmonieusement accompagner notre pays vers cette décentralisation pour le bien être de l’ensemble la population », a-t-il précisé.

 « C’est notre soucis à la base. Il nous revient de faire en sorte que la décentralisation puisse quitter le niveau central, les bureaux, pour être à la base, et s’être appropriée par l’ensemble de la population. Nous avons déjà franchir des étapes de la décentralisation, et une ultime étape nous attend : les élections locales qui se tiendront le 30 juin prochain. Il est de bon ton que nous puissions nous retrouver pour savoir le rôle et responsabilité de tout un chacun », a-t-il expliqué.

Le Chef canton de Kpalimé a invité les différents acteurs de développement local de la préfecture de Kloto a apporté leur pierre à la construction du pays en général et en particulier de nos différentes communautés.

Pour  Sosso TAKOUGNADI, le programme est satisfait de la disponibilité permanente des différents acteurs, de leur volonté à aller de l’avant, et de leur engagement pour le changement positif dans l’intérêt général des populations.

Il a, au nom de la Cheffe programme du ProDeGOL, réitéré la disponibilité et l’engagement de l’institution à accompagner la commune de Kpalimé dans la mise en œuvre de ce processus.

La délégation spéciale de la commune de Kpalimé, a de son côté, a félicité et remercié le chef de l’Etat Faure Gnassingbé pour son engagement à côté des collectivités territoriales pour leur épanouissement.

Elle a également témoigné sa gratitude et sa reconnaissance à la coopération allemande, à l’Union Européenne et à la BMZ, pour leur accompagnement dans la réussite du processus de décentralisation dans la préfecture de Kloto.

Les travaux de ce symposium porteront sur plusieurs thématiques tels que : ‘’Statut de la chefferie traditionnelle : attribution et mission’’, ‘’Qu’est-ce qu’une collectivité territoriale décentralisée ?’’, ‘’Les compétences des communes et les rôles de la chefferie et des OSC/CDQ dans une collectivité ‘’.

‘’Le cadre de collaboration tutelle locale, chefferie et autres acteurs dans la commune de Kpalimé’’, ‘’Le dialogue communautaire’’, ‘’Comment positiver le conflit communautaire’’, ‘’Comment choisir les dirigeants dans ma commune ?’’, feront également objet de discussion au cours de ce conclave. Fin

Mensah ASSOGBAGUE     

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