L’APSFD-TOGO forme les auditeurs sur l’audit de portefeuille dans les SFD.

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@Togo24 – (Kpalilmé, le 28 mai 2019) – Le portefeuille de crédits et les provisions pour créances douteuses qui lui sont associées sont les postes les plus importants des états financiers d’un institut de micro finance (IMF). La masse des crédits (engagements de la clientèle) constitue généralement l’essentiel de l’actif des IMF. Ils sont les postes les plus susceptibles de comporter des anomalies significatives. Ils forment ensemble, la principale source de risques d’exploitation pour une institution de micro finance : la plupart des faillites de ces IMF sont dues à la détérioration de la qualité du portefeuille de crédits.

Etat du portefeuille de crédit depuis 2015
Depuis 2O15, force est de constater que la dégradation du crédit a considérablement monté. Cette montée exponentielle de la dégradation du crédit est causée par plusieurs facteurs. Les IMF octroient de nombreux petits crédits et reçoivent un nombre encore plus important de remboursements de faible montant. Ces facteurs rendent plus délicat le maintien de systèmes efficaces d’information et de gestion du portefeuille.
De plus, les portefeuilles des IMF sont souvent en croissance rapide, qui exerce une pression sur les systèmes et peut masquer des problèmes de remboursement. Un portefeuille en croissance rapide comprend un pourcentage important de crédits en début de remboursement. Or les problèmes d’impayés sont plus fréquents en fin de cycle de remboursement.

L’APSFD-TOGO apporte de solutions
C’est pour freiner la montée de la dégradation du portefeuille de crédit dans les Systèmes Financiers Décentralisées, que l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés du Togo (APSFD-TOGO), a entamé depuis quelques années, une série de formations à l’endroit des différents acteurs impliqués dans la gestion et le contrôle des SFD.

Apres les gestionnaires de crédits, l’APSFD-TOGO met les projecteurs sur les auditeurs, un maillon essentiel et très important dans la chaine.

Evaluer le respect des dispositions réglementaires régissant la gestion du crédit et les principaux risques liés à l’activité de crédit et évaluer l’impact de ces risques sur la rentabilité des SFD ?

Evaluer la qualité du portefeuille de crédit, identifier et localiser les faiblesses dans les procédures d’octroi de crédit et proposer des mesures correctives ?
Et enfin maîtriser les procédures d’un audit structuré du portefeuille de crédit ?,

Ce sont là, entre autres interrogations et inquiétudes autour desquelles l’APSFD-TOGO, et une trentaine d’auditeurs internes composés de Directeur de l’Audit et du Contrôle Interne, Conseil de Surveillance, Auditeur et Contrôleur Internes, ainsi que Auditeur Externe et Cabinet d’Audit réfléchissent depuis le 27 mai 2019 et ce, pour 03 jours, à l’hôtel Ivan Plaza à Kpalimé (environ 120 km au nord de Lomé), en vue de trouver des voies et moyens pour juguler ce phénomène de la montée de la dégradation du portefeuille de crédit des SFD.

Cette formation a bénéficié de l’appui financier du Fonds national d’Apprentissage et de Perfectionnement Professionnel (FNAFPP) et de l’appui technique du Cabinet Auditcom.

Pour Ange Kossivi KETOR (Directeur Exécutif de l’APSFD-TOGO), l’activité principale des IMF est le crédit, ajoutant qu’une institution de micro finance, vit ou meurt de ces crédits.

« Depuis 2015-2016, nous avons constaté une montée de la dégradation du crédit. C’est à dire que la majorité des débiteurs ne remboursent pas les crédits. Ce qui fait que ça devient une charge pour les institutions de micro finance. Et quand les crédits ne se paient pas, c’est la morts progressive de l’institution », a –t-il constaté.

« Nous nous sommes réunis pour s’outiller sur les outils à utiliser pour regarder le portefeuille de crédit, voir les poches de risque, voir les clients ou les activités qui sont risqués, les domaines où nous pouvons faire des corrections. Voilà ce pourquoi on s’est réuni à Kpalimé», a-t-il souligné.

« Et déjà en amont en 2017, le ministre de l’économie et des finances, a attiré notre attention sur les causes de la dégradation du portefeuille de crédit. Nous avons fait une étude sur la question, mais nous sommes ici pour travailler avec les auditeurs sur la question. Nous avons déjà travaillé avec les gestionnaires de crédits, et nous travaillerons dans le mois de juin avec les directeurs généraux des IMF sur la même thématique », a expliqué M. KETOR.

L’essentiel du message a délivré selon le directeur exécutif de l’APSFD-TOGO, est ‘’l’assainissement du portefeuille’’.
« En amont, les clients doivent être sérieux et sincères avec les institutions. Mais je crois que, la responsabilité se situe beaucoup plus du côté des institutions. Il faut anticiper, c’est ça notre métier : il anticiper, savoir qu’un client ne peut pas vendre du glaçons avec 1,5 millions de FCFA. Quelqu’un qui vient avec un projet comme ça, il faut déjà le rejeter. », A-t-il ajouté.

« Nous interpellons nos gestionnaires de portefeuille sur l’analyse correcte des dossiers », a conclu M. KETOR.

La mission des auditeurs
L’audit interne est défini comme « une appréciation systématique et objective par les auditeurs internes des divers activités et contrôles d’une institution.
Ils ont pour mission de déterminer : si les informations financières et les données d’exploitation sont exactes et fiables, si les risques d’exploitation de l’institution sont identifiés et réduits au minimum, si les réglementations externes ainsi que les politiques et procédures internes sont respectées, si des critères d’exploitation satisfaisants sont remplis, si les ressources sont utilisées de manière efficace et économique et si les objectifs de l’institution sont effectivement atteints.

Auditer le service crédit d’un EMF consiste donc à examiner en profondeur toutes les activités qui y sont liées, en vue de pouvoir décrypter de manière distincte, les points listés ci-dessus.

« Les auditeurs sont garants des procédures, les ‘’gendarmes’’ de l’institution. Ils ont pour mission de vérifier si les textes que l’institution s’est donnée sont respectés, si les textes qui régissent le métier au niveau local, régional et international sont respectés, si les conventions internationales sont respectées », a indiqué M.KETOR.

Durant trois jours, les travaux ont porté sur plusieurs thèmes tels que : « Evaluation du respect des dispositions réglementaires par les SFD », « Localisation des risques liées à l’activité des SFD », « les causes des problèmes de la rentabilité des IMF », « évaluation de la qualité du portefeuille », « la démarche méthodologique d’audit de portefeuille ».

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