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Les mères vertes du Groupe des femmes Epanouies de Kouma Konda défient la pauvreté. Lecture

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Situé à environ une vingtaine de Kilomètre à l’ouest de Kpalimé dans la forêt, Kouma Konda est un village perché sur le mont Kloto, dans la commune de Kloto 3. Il y fait bon vivre avec son climat doux et sa température en déca de 20°C. Les villageois vivent essentiellement de l’agriculture et de l’élevage. Dans ce village se trouve un groupe de femmes dénommés ‘’Groupe des Femmes Epanouies (G-FE)’’, mis en place par l’Ong CADR (Centre d’Action pour le Développement Rural). Le journal en ligne TOGOTIMES a rencontré Maxwell Evenunye KUMESSI, Directeur Exécutif de l’Ong CADR (Centre d’Action pour le Développement Rural), Mme SEDIA (Présidente de G-FE) et AWAZA (Secrétaire générale de G-FE), pour en savoir plus sur ce groupe de femmes spécialisées dans la transformation du manioc en Atchèkè. Lisez l’interview exclusive

 

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Togotimes.info: Présentez-nous votre  groupe de femmes.

Maxwell Evenunye KUMESSI: Le Groupe des Femmes Epanouies (G-FE),  est un regroupement des femmes leaders du groupe des mères vertes composé de 12 Femmes dynamiques qui emploient 20 femmes et 5 hommes. Les mères vertes sont également des femmes qui œuvrent pour une agriculture durable (agro écologie, lutte contre les pesticides chimiques) et la défense de la biodiversité (lutte pour la terre, l’eau et les semences paysannes, reboisement, défense de l’habitat des abeilles et autres insectes) et la lutte contre le changement climatique.

Pourquoi avez-vous choisi d’opter pour la transformation du manioc en Atchèkè ?

La zone de Kouma et d’Agomé sont une zone de forte production de manioc. En effet, après la chute du cours du café et du cacao, la production et la transformation du manioc constituent les seules sources de revenus pour les populations de la commune. Malheureusement, tout se passe comme si c’est le manioc qui est un produit de dernière nécessité. Toute porte à croire, qu’il n’y a pas de grande valeur marchande pour aider la population à s’en sortir véritablement de la pauvreté. Le circuit long de commercialisation de ce produit le décrédibilise. Parfois même, les produits sont abandonnés au champ à cause des prix proposés par les commerçantes. Ainsi, certains préfèrent même abandonner les productions dans la brousse que de les livrer à vil prix. En outre, les produits sont transformés en pate communément appelée Agbelima mais ne trouvent pas de preneurs et jonchent le long des rues de la commune.

Cependant les besoins familiaux sont là et les enfants doivent manger et aller à l’école. Mais nous ne disposons pas d’alternative. La mise en place du regroupement des mères vertes par le CADR nous a plus rendus conscients de la situation.

 En quelle année avez-vous commencé cette activité génératrice de revenus ?

En 2017, le CADR a accompagné une délégation composée d’une vingtaine de producteurs verts parmi lesquels, les mères vertes au CIDAP pour un voyage d’étude et d’échange d’expériences. Nous nous sommes ressaisis depuis notre retour du centre CIDAP pour donner plusieurs valeurs à notre produit. Et c’est dans ce sens qu’Atchieke a été aussi identifié.

Le CADR et les femmes se sont ensuite lancés dans la transformation du manioc en Atchieke et le Stock du gari. Dans le marketing, Atchieke a trouvé plus de portes d’où la conservation de cette transformation. Cette activité de production d’Atchieke a commencé en 2018 par une prise de contact et des échanges avec un marché acquis au Burkina, vu que le Togo n’est pas un gros consommateur, et s’est intensifiée en 2018.

Racontez-nous les débuts de votre activité ?

Le début de chaque chose n’est pas facile. Mais chaque être vivant doit savoir que le «Oui décisif  de création de richesse est celui qui vient de la prise de conscience » et « l’idée de l’expérience ne remplace nullement l’expérience »Bref, il faut oser tout court.

«Nous avions commencé cette activité en 2018 après un réveil de CADR qui nous a appris à oser avec les moyens existants», a ajouté l’une des femmes.

A une autre de renchérir: «nous  avons commencé avec nos propres champs et les champs des groupements dont nous sommes membres. Et c’était très compliqué pour nous, surtout les femmes. On allait récolter nous-mêmes, éplucher et faire les traitements seules. On revient de la brousse parfois dans la nuit tardive (au-delà de 23h) et des fois, nous faisons des abris de nuit dans les champs pour y passer la nuit dans la brousse loin des habitats.

Tout le matériel nous revenait cher, car on les louait avec nos petites cotisations. Nous avons éprouvés des difficultés dans la première année de production. Huuum et c’est la vie. Malgré ces efforts, on dormait avec 0 Fcfa dans la chambre. Et cela a fait que certaines ont démissionné. Pour vendre on distribuait les produits dans les restaurants de Kpalimé et quelques consommateurs individuels, mais à prix très bas.

C’est dans cette souffrance que nous avions ensemble installé un cadre de partenariat local de solidarité appelé Panier Bio Kpalimé où nous avions eu gain de cause. Ce circuit a permis de valoriser tout ce qui est produit sains sans difficultés. Les consommateurs sont toujours au rendez-vous. Mais la quantité livrée est faible. Ainsi un jour, nous avions été informés par le personnel du CADR pour participer à une séance de formation sur la transformation des produits locaux. Nous y sommes allées et c’est là où nous avions après la formation, envoyé un échantillon au Burkina Faso où le produit a été apprécié.

Les conditions sanitaires de production et la qualité de l’échantillon ont amené à plusieurs contrats dont la principale qui a été signé avec le Groupement de Transformation des Produits Agricoles (GTPA Wendkuuni) au Burkina Faso. Aujourd’hui le GTPA Wendkuuni seul prend 2 tonnes d’atchieke par mois. Et Nous remercions Mme Florence, présidente du groupement, qui préfinance parfois même. Nos activités nous permettant d’acquérir les champs et de renforcer  les équipements. »

Est-ce que vous bénéficiez de l’aide des projets et programmes mis en place par le gouvernement togolais pour accompagner les femmes entrepreneures ? Ou bien, de l’aide d’autres partenaires ? 

Nous n’avions jamais bénéficié des aides de L’Etat.

 Comment est-ce que vous arrivez à commercialiser vos produits ?

Nous profitons pour remercier l’ONG CADR pour tout ce qu’il a fait pour nous. Tout le soutien vient du CADR. Les formations sur la création de richesse, le développement personnel, l’entrepreneuriat, la gestion administrative et financière, gouvernance des OPA et surtout les voyages d’études nous ont été utiles. Tout ce que nous avions aujourd’hui, comme équipement (moulins, presses, balance sensible, etc.), nous l’avions payé nous-mêmes. Le produit aujourd’hui est disponible pour les consommateurs, via nos réseaux de ventes sur place et aussi la grande partie est livrée à l’association GTPIA au Burkina.

 Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de cette activité ?

Nous difficultés sont multiples. D’abord le transport des produits des champs vers le site de production, les frais de transport élevés des produits et surtout le soleil et la pluviométrie qui rendent pénibles le travail.  Parce que nous n’avons pas des canopis mobiles de protection. Le grand problème aussi est l’absence de magasins de stockage et le laboratoire de traitement ainsi que les outils

Est-ce que au jour d’aujourd’hui, cette activité vous permet de vivre ? Vous procure de bénéfices ?

Malgré les coûts de productions énormes dont nous sommes à pied d’œuvre pour réduire, cette activité est très rentable. Pour le moment, nous nous finançons nous mêmes les équipements et chaque commande doit permettre d’acquérir une machine. A voir nos équipements, vous comprendrez en même temps que c’est rentable. Mais, en réalité nous avons besoin qu’on nous accompagne pour acquérir des matériels, des magasins de stockage et de laboratoire de production.

Quelle est la différence entre votre Atchièké et celles des autres qui sont déjà sur le marché ?

Si nous sommes arrivés à arracher ce marché aux ivoiriens, sachez qu’il y a du bon boulot. Tout simplement l’Atchieke provient du manioc qui doit être de qualité. C’est la différence fondamentale. Notre manioc nous permet de sortir des produits de couleur propre, très blanche, sans tache et attirante. Et le dernier  avantage, c’est les soins sanitaires depuis la récolte jusqu’au traitement. Le cadre de production est très réservé pour assurer une qualité sanitaire au produit.

 

Source : Togotimes

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