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Décentralisation : Pascal AGBOVE dresse les constats de terrain et formule des recommandations.

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©Togo24 – (Kpalimé, le 18 mai 2020) –  La longue marche du processus de décentralisation se poursuit au Togo. Suite aux élections municipales de juin 2019, les conseillers élus sont face aux réalités du terrain et à leur responsabilité  d’écrire les nouvelles pages du développement de leurs communes respectives.

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Que retenir après environ un an d’exercice ? L’expert en décentralisation et politique de développement, Pascal AGBOVE dresse les constats faits sur le terrain, tout en formulant des recommandations dans le souci de garantir l’atteinte des objectifs assignés à la décentralisation au Togo.

Selon M. Pascal AGBOVE, même si certaines avancées sont observées dans quelques communes, les constats faits sur le terrain sont entre autres relatifs au fait que nombre de conseillers municipaux élus sont peu motivés, maitrisent peu leurs rôles, s’impliquent peu dans la gestion des affaires communales, sont déçus des avantages attendus de leurs fonctions.

Autre constat fait par le Directeur exécutif de l’ONG Initiatives des jeunes pour le développement (IJD), la plupart des membres de l’exécutif communal (le Maire et ses adjoints) se réfèrent plus à leur hiérarchie politique (aux supérieurs de leurs partis politiques) au lieu de créer une véritable alliance des forces vives locales pour des prises de décisions concertées et démocratiques au niveau local afin de favoriser la participation citoyenne.

Il fait savoir par ailleurs que les administrations municipales se contentent plus de la légalisation des actes, de la célébration de mariages et certaines autres tâches administratives que des projets de développement local conformément aux différents domaines de leurs compétences.

« Le transfert de ressources de l’État aux collectivités territoriales n’est pas encore effectif comme prévu par la loi; (5) les populations communales n’exercent pas le contrôle citoyen sur les élus, le Bureau du Citoyen prévu par la loi pour faciliter ce contrôle citoyen n’est pas encore installé dans nombre de communes », précise-t-il.

Pour la suite du processus de décentralisation et dans le souci de garantir l’atteinte des objectifs assignés à cette nouvelle forme d’administration du territoire,  il a formulé au total dix (10) recommandations à l’endroit du chef de l’État Faure Gnassingbé.

Au rang des propositions, la nécessité de mettre en place des juridictions administratives dans chaque préfecture ou à défaut dans chaque chef-lieu de région pour la gestion des conflits éventuels entre les élus locaux et les représentants de l’État, le transfert effectif des ressources aux collectivités territoriales en rendant opérationnel le Fonds d’Appui aux Collectivités Territoriales (FACT), la prise de certains textes (décrets et arrêtés) pour faciliter l’application de certaines dispositions de la loi relative à la décentralisation, la création si possible d’un département spécial au sein du Gouvernement pour s’occuper essentiellement des collectivités territoriales, la mise en place du Comité National de suivi de la décentralisation pour faciliter l’évaluation du processus pour des actions correctives promptes.

Il propose également la mise en place non seulement d’un programme de renforcement des capacités et d’accompagnement des élus locaux pour les aider à bien faire leur travail, mais aussi des organes de gestion du District Autonome du Grand Lomé afin de permettre une bonne coordination des actions de développement entre les communes et le District.

Autres recommandations formulées, la redéfinition des missions des différents ministères en tenant compte de la loi relative à la décentralisation et aux libertés locales, la formation des cadres de l’administration centrale sur les textes relatifs à la décentralisation afin de faciliter le transfert des compétences et le vote d’une loi spéciale relative au contrôle de l’action publique par la société civile.

Il faut souligner qu’au Togo, le processus de décentralisation devrait notamment permettre de renforcer davantage la démocratie à la base avec une plus grande implication des citoyens à la gestion de la chose publique au niveau local, gage du développement des communautés.

De par la grande implication des citoyens dans la gestion des affaires de la cité et du changement des mentalités au regard des stratégies de développement qu’elle induit, la décentralisation peut mener à des programmes plus adaptés aux besoins locaux. Elle se présente d’ailleurs comme le modèle d’administration le plus apte et le plus efficace pour lutter contre la pauvreté.

 

Source : lavoixdelanation.info

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