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Nigeria : inquiétude et colère face à la hausse des prix du carburant

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©Togo24 – (Kpalimé, le 14 septembre 2020) – Les prix de l’essence augmentent au Nigeria et avec eux la colère des Nigérians, depuis que l’Etat a mis un terme à un système de subvention des carburants, pour tenter de renflouer ses caisses, vidées par la pandémie de Covid-19.

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Ces derniers jours, le prix de l’essence à la pompe a atteint les 162 nairas le litre (0,36 euros), une augmentation de près de 15%, conséquence de la dérégulation voulue par le gouvernement nigérian.

Bien que ces prix paraissent peu élevés en comparaison des tarifs dans d’autres pays, c’est un coup dur pour les consommateurs nigérians qui considèrent le carburant bon marché comme l’un de leurs rares privilèges de citoyens du premier producteur de brut d’Afrique, miné par la pauvreté et la corruption.

« Nous le ressentons sérieusement », se plaint John Kayode, un ingénieur qui vient remplir le réservoir de sa voiture dans le centre de Lagos, « le carburant est un produit de première nécessité. Cette augmentation des prix affecte tous les secteurs de l’économie. »

Les habitants du pays le plus peuplé d’Afrique – dont près de la moitié des 200 millions d’habitants vit sous le seuil de pauvreté – ont bénéficié pendant des années d’un prix à la pompe artificiellement bas.

Le Nigeria ne possède que d’infimes capacités de raffinage, contraignant les autorités à subventionner à coup de milliards de dollars le carburant importé. Mais face à la récession mondiale déclenchée par le nouveau coronavirus, notamment l’effondrement ces derniers mois des cours du brut qui l’a privé d’une énorme part de ses revenus, le Nigeria a été contraint de revenir sur ces coûteuses subventions.

Le gouvernement a en outre annoncé dans le même temps une hausse des tarifs de l’électricité, qui vont doubler, passant de 33 à plus de 60 nairas par kilowatt. Le président Muhammadu Buhari a défendu lundi ces augmentations, « une décision cruciale » au vu de l’effondrement des revenus pétroliers.

« Il n’y a pas de provision pour les subventions du carburant dans le budget révisé de l’Etat pour 2020, et ce tout simplement parce que nous ne pouvons pas nous le permettre si nous voulons avoir les fonds nécessaires pour la santé, l’éducation et autres services sociaux » a-t-il déclaré. « Nous n’avons tout simplement pas le choix ».

 

Source : AFP

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