ACTUALITES AFRIQUE

Bouteflika, un accro du pouvoir finalement chassé par la rue

©Togo24 – (Lomé, le 17 septembre 2021) – Jamais un président algérien n’aura régné aussi longtemps. Mais Abdelaziz Bouteflika, décédé vendredi à l’âge de 84 ans, restera comme le seul dirigeant de l’Algérie indépendante qui, agrippé au pouvoir malgré la maladie, en aura été chassé par la rue.

Plus de 35 ans après son premier poste ministériel, Bouteflika accède à la tête de l’Algérie en 1999, auréolé d’une image de sauveur dans un pays déchiré par une guerre civile. Vingt ans après, il en est chassé sans égards par l’armée, pilier du régime, sous la pression d’un mouvement (« Hirak ») de contestation inédit.

Sommé de quitter le pouvoir par l’état-major, « Boutef », comme l’appellent familièrement ses compatriotes, jette l’éponge le 2 avril 2019, après une improbable tentative de briguer un cinquième mandat malgré l’attaque cérébrale qui l’avait cloué sur un fauteuil roulant, quasi inerte, six ans plus tôt.

                                    

– Humiliation de trop –

Cette candidature a été perçue comme l’humiliation de trop par des millions d’Algériens, souvent jeunes et décrits à tort comme résignés.

Elu pour la première fois en 1999, constamment réélu au premier tour avec plus de 80% des voix en 2004, 2009 et 2014, ce cinquième mandat semblait acquis aux yeux du régime.

Mais six semaines de mobilisation massive du « Hirak » –du jamais vu en Algérie– poussent le patron de l’armée, le général Ahmed Gaid Salah, un de ses fidèles, à obtenir sa démission.

Jusqu’au bout, Abdelaziz Bouteflika aura voulu s’accrocher, bravant l’évidence: celui qui fut à 26 ans le plus jeune ministre des Affaires étrangères au monde ne renvoyait plus que l’image d’un vieillard muet et reclus en son palais.

Un contraste saisissant avec le début de sa présidence, quand ce beau parleur aux yeux clairs et en costume trois pièces, amateur de cigare, s’affichait en dirigeant hyperactif.

« Je suis l’Algérie tout entière », lance en arrivant au pouvoir celui dont le destin se confond avec l’histoire contemporaine de son pays.

Né le 2 mars 1937 à Oujda (Maroc), dans une famille originaire de la région de Tlemcen (nord-ouest), Bouteflika rejoint dès 19 ans l’Armée de libération nationale (ALN) qui combat la puissance coloniale française.

A l’indépendance en 1962, il est, à 25 ans, ministre des Sports et du Tourisme, avant d’hériter un an plus tard du portefeuille convoité de la diplomatie, qu’il conserve jusqu’en 1979, une époque où l’Algérie s’affiche en leader du « tiers-monde ».

En 1965, il soutient le coup d’Etat de Houari Boumédiène, alors ministre de la Défense, qui s’empare du pouvoir en déposant le président Ahmed Ben Bella.

S’affirmant comme le dauphin de Boumédiène –« le père qu’il n’a pas eu », dira ce dernier–, qui décède en 1978, il est pourtant écarté de la succession par l’armée puis de la scène politique sur fond d’accusations de malversations. Il s’exile à Dubaï et Genève.

C’est pourtant l’armée qui l’impose en 1999 comme candidat à la présidentielle: il l’emporte après le retrait de ses adversaires qui dénoncent des fraudes.

Sa priorité: rétablir la paix en Algérie, plongée dans la guerre civile depuis 1992 contre une guérilla islamiste (quelque 200.000 morts en dix ans, officiellement).

Deux lois d’amnistie, en 1999 et 2005, convainquent nombre d’islamistes de déposer les armes.

Accusé par ses détracteurs d’être une marionnette de l’armée, Bouteflika travaille à desserrer l’emprise de la puissante institution.

 

Source : AFP                                                               

Related posts

Togo : Lomé a abrité la 23è réunion du comité ministériel du GIABA

Togo 24

Togo : la problématique du trading expliquée aux professionnels des médias (conférence de presse-vidéo)

Togo 24

Le président français Macron se rendra aux obsèques du président tchadien Idriss Déby (Gouvernement)

Togo 24

Leave a Comment

Translate »