ACTUALITES AFRIQUE

Guinée: la junte s’affirme face aux exigences des états d’Afrique de l’Ouest

©Togo24 – (Lomé, le 18 septembre 2021) – La junte en Guinée affirmait son autorité samedi, presque deux semaines après le putsch, repoussant pour le moment les demandes de libération de l’ex-président Alpha Condé et les exigences d’élections dans les six mois, au nom de la « volonté du peuple ».

Depuis vendredi soir, la junte formée lors du putsch du 5 septembre, le « Comité national du rassemblement et du développement » (CNRD), désigne son chef, le colonel Mamady Doumbouya, comme « président de la République et chef de l’Etat ».

Le CNRD a détaillé samedi lors de sa toute première conférence de presse la réponse du colonel Doumbouya aux exigences de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 pays) qu’étaient venus lui exposer la veille les présidents ghanéen Nana Akufo-Addo et ivoirien Alassane Ouattara.

« Il a été rappelé par le président de la République à ses hôtes qu’il était important que la Cédéao écoute les aspirations légitimes du peuple de Guinée », a déclaré un porte-parole du CNRD, le colonel Amara Camara, au sujet de l’organisation d’élections dans les six mois, réclamée par l’organisation régionale.

Le colonel Doumbouya a souligné la nécessité de ne pas rééditer les « erreurs du passé », rappelant qu’une concertation nationale pour tracer les grandes lignes de la transition que conduira un futur « gouvernement d’union nationale » avait débuté mardi et que « seul le peuple souverain de Guinée décidera de son destin », a ajouté le colonel Camara.

« Il est aussi clair pour toutes les parties que l’ancien président demeurera en Guinée au lieu du choix du CNRD », a précisé le porte-parole.

Dès vendredi soir, le CNRD affirmait « que l’ancien président de la République, le professeur Alpha Condé, est et demeurera en Guinée », dans un communiqué lu à la télévision publique.

« Nous ne céderons à aucune pression », assurait la junte, expliquant vouloir balayer des « rumeurs » de négociations avec la Cédéao pour une sortie du pays de M. Condé, dont la communauté internationale réclame la libération depuis le putsch.

La visite de la délégation de la Cédéao faisait suite à un sommet extraordinaire de l’organisation jeudi au Ghana, qui en assure la présidence tournante, au terme duquel les dirigeants ouest-africains ont exigé « la tenue, dans un délai de six mois, des élections présidentielle et législatives ».

« Nous sommes tenus de prendre des décisions éclairées sur ces questions », a déclaré le président ghanéen Nana Akufo-Addo, qui est le président en exercice de la Cédéao, à l’ouverture du sommet à Accra.

« Je compte sur vous, Excellences, pour aider à proposer des solutions durables à la crise », a-t-il dit.

La ministre ghanéenne des Affaires étrangères Shirley Ayorkor Botchwey, qui a dirigé la mission à Conakry, a déclaré mercredi que les putschistes guinéens ne sont probablement pas encore en mesure de donner un calendrier pour le retour à un régime démocratique.

« Il appartient maintenant aux chefs d’Etat de prendre des décisions sérieuses sur la Guinée, sur ce qu’ils veulent voir dans les prochains mois, que ce soit un mois, six mois ou douze mois, sur la manière dont ils veulent voir la transition et sur la durée de celle-ci », a-t-elle déclaré.

« Je ne dis pas que des sanctions seront appliquées mais cela peut arriver », a déclaré Mme Botchwey.

Les chefs d’Etat (…) examineront l’ensemble de la situation, puis prendront des décisions sur ce qu’ils feront (…) pour faire pression sur les putschistes, les militaires, pour ramener leur pays à un régime constitutionnel.

« Le coup d’Etat en Guinée a suscité des craintes de recul de la démocratie dans toute l’Afrique de l’Ouest et a établi des parallèles avec le Mali, qui a connu deux soulèvements de l’armée depuis août de l’année dernière. La Cédéao a imposé des sanctions économiques au Mali l’année dernière, mais les a levées après que les militaires au pouvoir se sont engagés à rétablir un régime civil.

 

Source : AFP

Related posts

Afrique du Sud : l’ex-président Zuma sort de prison pour enterrer son frère

Togo 24

Cameroun: au moins 40 morts dans trois accidents de bus en 2 jours

Togo 24

Togo : Fin mercredi du 4ème pilier de l’Islam

Togo 24

Leave a Comment

Translate »